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Pont-Sondé sous le choc : Défenseurs Plus dénonce un « profond abandon de l’État »

Port-au-Prince, 2 décembre 2025. L’organisation haïtienne de défense des droits humains tire la sonnette d’alarme après l’assaut d’une violence exceptionnelle survenu à Pont-Sondé. Selon ses responsables, cette attaque illustre non seulement la montée fulgurante de la puissance des groupes armés, mais aussi l’incapacité persistante des autorités à anticiper ou empêcher des violences pourtant annoncées. Défenseurs Plus parle d’un « abandon manifeste de l’État », au moment même où les droits essentiels des habitants – sécurité, vie, éducation – sont chaque jour davantage menacés. Plusieurs familles ont pris la fuite, forçant la fermeture de nombreuses écoles dans la région.

Dans son intervention, l’organisation explique que les violations enregistrées portent directement atteinte aux droits prévus par la Constitution et par les conventions internationales signées par Haïti. Elle insiste sur le caractère planifié et coordonné de cette offensive, preuve de la capacité opérationnelle des groupes armés à mener des actions meurtrières. L’attaque n’est pas un cas isolé : en octobre 2024, la même zone avait déjà été prise d’assaut. Les chiffres communiqués par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme font état de plus de 70 personnes tuées, parmi lesquelles dix femmes et trois enfants, ainsi que de l’incendie de 45 maisons et 34 véhicules, provoquant l’un des plus importants déplacements de population de l’année dans l’Artibonite.

Défenseurs Plus rappelle que ces événements s’inscrivent dans un contexte d’effondrement sécuritaire généralisé, marqué par l’expansion rapide des gangs, l’absence de sanctions et le manque d’action des institutions publiques. Bien que les autorités aient été alertées à plusieurs reprises, aucune mesure n’a été prise pour protéger Pont-Sondé avant l’attaque. L’organisation appelle aujourd’hui à une réponse urgente de l’État : sécurisation des zones touchées, protection des personnes déplacées, respect des droits fondamentaux et assistance humanitaire immédiate. Depuis 2022, la violence des groupes armés a déjà coûté la vie à plus de 16 000 personnes, dont plus de 4 000 durant le premier semestre 2025.

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