Port-au-Prince, 19 décembre 2025 — Estimant que le mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), arrivé à son terme imminent, n’a pas permis de faire face aux défis majeurs du pays, l’Alliance nationale rénovée (ANR) a appelé à l’instauration d’une nouvelle transition politique pour sortir Haïti de l’impasse actuelle.
Selon l’ANR, le CPT a failli à sa mission essentielle. « Le Conseil présidentiel de transition a manqué à sa mission fondamentale : protéger les citoyens et préparer un véritable processus électoral », a déclaré Junior Moschito Rémy, secrétaire exécutif du mouvement politique.
Pour répondre à la crise, l’Alliance propose la mise en place d’un nouveau conseil de transition composé de trois membres : un représentant du pouvoir judiciaire, une personnalité reconnue de la société civile et un dirigeant politique non signataire de l’accord du 3 avril. Ce triumvirat aurait pour mandat de conduire une transition s’étendant du 7 février 2026 au 18 mai 2027, avec pour objectif affiché de jeter les bases d’un redressement national rapide et efficace.
Rappelant que le CPT disposait de deux ans pour stabiliser le pays après le départ contraint de l’ancien Premier ministre Ariel Henry, l’ANR souligne que, à moins d’un mois de la fin de ce mandat, l’insécurité reste généralisée, le nombre de victimes continue d’augmenter, la faim touche un nombre croissant de familles et l’accès aux services publics demeure largement perturbé, notamment dans les zones sous contrôle de groupes armés.
Le mouvement politique insiste sur la nécessité d’un leadership capable de reconnecter l’État aux besoins concrets de la population, au-delà des annonces et des gestes symboliques. Il met en garde contre les dangers d’un immobilisme prolongé et appelle tant la communauté nationale qu’internationale à soutenir toute initiative favorisant une gouvernance transparente, crédible et efficace.
Bien que le CPT ait réaffirmé son intention de quitter le pouvoir à l’expiration de son mandat, le 7 février 2026, plusieurs organisations nationales affirment se réserver le droit de proposer des alternatives pour encadrer la prochaine phase de transition. Cette perspective soulève toutefois des interrogations chez certains observateurs, notamment sur l’avenir du processus électoral en cours et sur la volonté réelle des acteurs politiques de rompre avec les pratiques du passé.
Dans un contexte marqué par une précarité extrême et une insécurité persistante, la population haïtienne demeure au cœur des préoccupations. La question des motivations profondes de ces nouvelles initiatives politiques reste posée : s’agit-il d’un véritable effort pour sortir le pays de la crise ou d’une tentative de recomposition du paysage politique au profit de nouveaux acteurs ?

