SANTIAGO (République dominicaine), 30 décembre 2025 —
Le consul général d’Haïti à Santiago, M. Cherenfant, a transmis au ministère des Affaires étrangères une note explicative visant à clarifier un scandale présumé lié à la visite privée de la famille du conseiller présidentiel Emmanuel Vertilaire dans la ville de Santiago.
Dans ce document officiel daté du 22 décembre 2025 (référence CGHS/RD/MAE : 070-25), le diplomate affirme que les faits reprochés reposent sur une interprétation erronée de son action et qu’aucune dépense publique n’a été engagéedans le cadre de cette visite.
Selon la note, Cherenfant explique de manière « factuelle, sereine et transparente » les circonstances entourant l’arrivée, le dimanche 15 décembre 2025, de l’épouse et des deux enfants de Son Excellence Emmanuel Vertilaire. Il indique avoir été informé vers 11 heures du départ imminent de la famille depuis Port-au-Prince.
Le consul affirme avoir initialement proposé d’envoyer le chauffeur du Consulat à la frontière, tout en précisant qu’il était mobilisé par les préparatifs liés à l’arrivée, le lendemain, d’une délégation officielle du ministère des Affaires étrangères. Il soutient toutefois que le conseiller présidentiel lui aurait expressément demandé de se rendre personnellement à la frontière de Dajabón, évoquant l’existence d’un sauf-conduit et d’un passeport diplomatique pour son épouse, bien que le voyage se soit finalement effectué avec un passeport ordinaire.
« Par esprit de loyauté et de respect de la hiérarchie, j’ai suspendu mes activités afin de me rendre immédiatement à la frontière », écrit Cherenfant, précisant que son objectif était de permettre l’accomplissement des formalités migratoires dans les délais réglementaires.
Un retard du vol au départ de Port-au-Prince aurait toutefois entraîné l’arrivée tardive de la famille à la frontière, aux environs de 20 heures, sans communication préalable. Face à l’impossibilité de finaliser les démarches le jour même, le consul indique avoir facilité leur entrée par la zone de CODEVI et assuré, à ses frais personnels, un hébergement hôtelier pour la nuit, invoquant des impératifs de sécurité et de protection.
Cherenfant affirme avoir veillé personnellement à la sécurité de Madame Vertilaire et de ses enfants, en s’identifiant aux différents points de contrôle. À leur arrivée à Santiago, vers 15h19, il indique avoir accompagné la famille pour la visite d’une résidence, laquelle aurait été retenue, avant de régler les frais d’hébergement et de restauration avec ses fonds personnels.
Il précise s’être ensuite rendu à son bureau pour une réunion relative à un autre dossier, celui de la mort tragique de la fillette Stephora Anne-Mircie Joseph. Le lendemain matin, mardi 16 décembre, il affirme avoir mis le chauffeur du Consulat à disposition de la famille dès 8h30.
Selon la note, une demande aurait alors été formulée pour la location de quatre chambres dans un hôtel de catégorie Marriott, ainsi que pour la mise à disposition de fonds destinés à des activités personnelles, notamment des séances de magasinage. Cherenfant indique avoir fermement refusé cette requête, invoquant l’absence de toute base légale ou budgétaire pour la prise en charge de dépenses liées à une visite privée.
« En ma qualité d’ordonnateur et de gestionnaire des fonds publics, il m’incombait de respecter strictement les règles de bonne gouvernance, de transparence et de protection des ressources de l’État », écrit-il, soulignant que son refus reposait exclusivement sur le respect des normes administratives.
Dans un contexte de controverse médiatique, le consul affirme avoir agi « de bonne foi, avec diligence et dans l’intérêt supérieur de l’État ». Il sollicite la bienveillance du ministère dans l’examen du dossier et se dit disposé à fournir toute information complémentaire ou à se conformer à toute instruction.
Cette note intervient dans un climat de vigilance accrue concernant l’usage des ressources publiques et les privilèges liés aux fonctions officielles, notamment lors de déplacements privés de responsables publics et de leurs familles.

