La Fondasyon Je Klere (FJKL) a tiré la sonnette d’alarme face à ce qu’elle considère comme une grave menace contre la liberté d’expression en Haïti. Dans un rapport publié en janvier 2026, l’organisation critique un décret adopté par le Conseil présidentiel de transition (CPT) le 18 décembre 2025 et publié au Moniteur le 31 décembre 2025, encadrant la presse, la diffamation et l’expression publique.
Selon la FJKL, ce texte, adopté à moins de deux mois de la fin du mandat du CPT, remet en cause l’un des acquis majeurs du 7 février 1986. Bien qu’il définisse la liberté d’expression comme le droit d’émettre, de recevoir et de diffuser des informations, le décret omet le droit de rechercher l’information, pourtant garanti par les conventions internationales ratifiées par Haïti. Une omission qui, selon l’organisation, fragilise le journalisme d’investigation, les lanceurs d’alerte et les défenseurs des droits humains.
La fondation dénonce également des limites jugées floues et excessives, liées notamment à l’ordre public et à la sécurité nationale, qui pourraient restreindre fortement la liberté de la presse. Elle critique aussi les dispositions permettant l’arrestation de journalistes, qu’elle estime contraires à la Constitution.
Les articles sur la diffamation sont particulièrement pointés du doigt. La FJKL affirme que le décret ne prévoit pas l’exception de vérité, ce qui pourrait criminaliser le journalisme critique, même fondé sur des faits avérés. Les sanctions prévues, allant jusqu’à de lourdes peines de prison et d’importantes amendes, sont jugées disproportionnées et susceptibles d’encourager des poursuites abusives.
Enfin, l’organisation s’inquiète des atteintes à la protection des sources journalistiques, estimant que certaines dispositions violent directement la Constitution haïtienne.
Pour la Fondasyon Je Klere, ce décret constitue un outil de répression politique et une entrave à la lutte contre la corruption. Elle appelle donc à son retrait pur et simple.

