21 Janvier 2026 – Devant le Conseil de sécurité à New York, le chef du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), Carlos Ruiz Massieu, a averti que le pays est entré dans une phase critique de la restauration de ses institutions démocratiques. Il a exhorté les autorités de transition, les partis politiques, la société civile et le secteur privé à placer l’intérêt national au-dessus des calculs politiques, soulignant que le temps des manœuvres est désormais révolu.
Le responsable onusien a salué l’adoption du décret électoral en décembre 2025 et la publication d’un calendrier électoral, y voyant un cadre opérationnel important après plusieurs années de blocage institutionnel. Toutefois, aucune date de scrutin n’a encore été fixée, alors que le Conseil présidentiel de transition est censé organiser des élections générales avant le 7 février prochain, dans un contexte marqué par une forte incertitude.
Sur le plan sécuritaire, Carlos Ruiz Massieu a rappelé que la situation reste extrêmement fragile, avec une hausse significative des homicides et une présence persistante des gangs armés dans des zones stratégiques. Il a néanmoins noté des avancées limitées grâce à l’appui de la mission multinationale de répression des gangs, tout en insistant sur la nécessité de ressources internationales accrues pour consolider ces progrès.
Enfin, l’émissaire de l’ONU a mis en garde contre le risque de voir les améliorations actuelles s’effondrer sans un renforcement durable des institutions et une réponse à la crise humanitaire, qui touche plus de six millions de personnes. Selon lui, l’avenir du pays dépend désormais d’un équilibre délicat entre action urgente, sécurité, élections crédibles et reconstruction de l’État.

