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Le CPT maintient la révocation du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé

Port-au-Prince, 23 janvier 2026 — Le Conseil présidentiel de transition (CPT) a réaffirmé, vendredi, sa décision de mettre fin aux fonctions du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Lors d’une conférence de presse, les conseillers-présidents Leslie Voltaire et Edgard Leblanc ont assuré que cette mesure s’inscrit dans le strict respect du cadre légal de la transition et vise à préserver la stabilité politique et la souveraineté nationale.

Prenant la parole, Leslie Voltaire a indiqué que la décision fait suite à des consultations menées avec des acteurs politiques et de la société civile, au cours desquelles plusieurs revendications ont été exprimées, notamment la nécessité de « libérer l’espace politique » afin de permettre des négociations inclusives sur la gouvernance du pays.

« La principale revendication est de permettre que toutes les questions — la Primature, la Présidence et les autres institutions — puissent être abordées dans un cadre de négociation. Tout doit être négocié », a-t-il déclaré.

Selon lui, la décision de demander le départ du chef du gouvernement a été adoptée démocratiquement, à l’issue d’un vote au sein du Conseil, dans la perspective de la désignation d’un nouveau Premier ministre de transition chargé de contribuer à l’élaboration d’une formule de gouvernance consensuelle. Il a également souligné que, sur la scène régionale et internationale, notamment au sein de la CARICOM, l’appel à une solution haïtienne à la crise est largement partagé.

Tout en réaffirmant l’ouverture du CPT à l’appui international, Leslie Voltaire a dénoncé certaines pressions exercées, selon lui, au moment où les Haïtiens tentent de reprendre en main leur destin politique. « Nous saluons le soutien international, en particulier dans la lutte contre les gangs, mais lorsque les Haïtiens cherchent à exercer leur souveraineté, des obstacles apparaissent », a-t-il soutenu.

Pour sa part, Edgard Leblanc a expliqué que cette prise de position visait également à éclairer l’opinion publique à l’approche de l’échéance institutionnelle du 7 février. « Il était nécessaire d’apporter des clarifications, avec la sagesse que le moment impose, afin d’éviter toute confusion », a-t-il déclaré.

Il a précisé que la décision a été prise conformément aux dispositions du décret régissant le CPT. « En application des articles 11 et 22, le Conseil, réuni en session, a décidé à la majorité qualifiée de remplacer le Premier ministre actuel par un Premier ministre intérimaire pour une période maximale de 30 jours », a indiqué Edgard Leblanc.

Durant cette période, les forces vives de la nation — partis politiques, organisations de la société civile, secteurs religieux et autres acteurs — seront appelées à se concerter afin de définir une formule de gouvernance jugée acceptable par les Haïtiens. « Il ne s’agit pas seulement de franchir le cap du 7 février, mais de donner au pays une orientation claire pour l’avenir », a-t-il souligné.

Les deux conseillers-présidents ont insisté sur le caractère transparent et dialogué de la démarche, malgré l’absence de certains membres du Conseil en déplacement. « Ce processus repose sur le dialogue entre Haïtiens et se poursuivra jusqu’à ce que le pays puisse sortir de la crise par des décisions souveraines prises par des Haïtiens », a conclu Edgard Leblanc.

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