Port-au-Prince, 7 février 2026. — Dans un message adressé à la Nation, Smith Augustin a remercié le peuple haïtien pour la confiance accordée au cours des vingt-deux mois de transition. Il a estimé que le processus entrait désormais dans une « nouvelle phase », caractérisée par un recentrage de la conduite politique autour de la Primature.
Le relais est ainsi officiellement transmis au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, désormais chargé de piloter la transition et d’ouvrir le dialogue national réclamé par de larges segments de la société haïtienne.
Au-delà de cette annonce institutionnelle, le retrait de Smith Augustin intervient dans un climat de tensions internes et de critiques persistantes visant le fonctionnement du Conseil Présidentiel de Transition (CPT). Selon des informations concordantes, le conseiller présidentiel aurait tenté d’apaiser les crispations en affirmant ne soutenir aucun candidat, rejetant toute manœuvre susceptible de fragiliser davantage le processus en cours.
Cette mise au point apparaît comme une réponse directe aux soupçons de luttes d’influence et aux dissensions qui ont marqué les derniers mois du CPT. En se plaçant en dehors de toute logique de parrainage politique, Smith Augustin semble vouloir se démarquer des rivalités internes, tout en préservant l’image d’une sortie institutionnelle ordonnée.
Dans son message, il a également indiqué quitter ses fonctions sans amertume, tout en exprimant ses préoccupations face à la situation sécuritaire et sociale du pays. Il a annoncé son retour à ses activités d’enseignant-chercheur et de militant des droits humains, affirmant vouloir poursuivre son engagement en dehors des sphères du pouvoir exécutif.
La fin du CPT marque ainsi la clôture d’un cycle politique né dans l’urgence et la controverse. Si le discours officiel se veut apaisé, de nombreuses interrogations subsistent quant au bilan réel de la transition et à la capacité de la nouvelle configuration institutionnelle à répondre aux attentes pressantes de la population. La responsabilité repose désormais sur la Primature, appelée à transformer cette « nouvelle phase » en avancées concrètes pour un pays éprouvé mais toujours en quête de perspectives crédibles.

