Port-au-Prince, 10 mars 2026 — Dans un rapport publié mardi, l’organisation Human Rights Watch critique l’utilisation de drones armés dans la lutte contre les gangs en Haïti. L’ONG affirme que ces opérations, menées par les forces de sécurité haïtiennes avec l’appui de paramilitaires liés à l’Américain Erik Prince, auraient causé la mort de plus d’un millier de personnes, dont des civils.
Selon le rapport, au moins 1 243 personnes ont été tuées entre mars 2025 et janvier 2026 lors de frappes de drones officiellement destinées à combattre les groupes armés. Parmi les victimes figureraient 17 enfants et 43 adultes qui n’avaient aucun lien avec les gangs.
Human Rights Watch indique que certaines opérations auraient été menées avec l’appui de paramilitaires de la société Vectus Global, dirigée par Erik Prince.
Une population vivant dans la peur
Dans plusieurs quartiers de Port-au-Prince, la population vit déjà sous la pression constante des groupes criminels. La chercheuse de Human Rights Watch, Nathalye Cotrino, explique que la présence de drones dans ces zones accentue l’angoisse parmi les habitants.
Selon elle, dès que le bruit d’un drone est entendu, de nombreuses personnes cherchent refuge dans leurs maisons par crainte d’une attaque.
Elle souligne également que certaines familles touchées par ces frappes ne disposent pas des moyens nécessaires pour organiser les funérailles de leurs proches.
Des opérations jugées contraires au droit international
Dans son rapport, Human Rights Watch estime que certaines de ces frappes pourraient constituer des exécutions extrajudiciaires. L’organisation rappelle que, selon le droit international, l’utilisation de drones armés ne devrait intervenir que dans des situations de danger imminent ou d’attaque immédiate.
L’ONG affirme enfin que ces opérations n’ont permis d’éliminer aucun chef majeur de gang et appelle les autorités haïtiennes à adopter des stratégies plus efficaces et respectueuses des droits humains pour lutter contre les groupes armés.

