Davos, 22 janvier 2026
L’attitude jugée impérialiste des États-Unis au Forum économique mondial de Davos commence à sérieusement agacer les dirigeants européens. Entre départs remarqués, huées publiques et discours jugés méprisants, la tension est montée d’un cran, symbolisée par le geste fort de Christine Lagarde, qui a quitté un dîner officiel en signe de protestation.
Depuis l’ouverture du Forum, Donald Trump impose largement l’agenda, allant jusqu’à annoncer la création d’un « Conseil de la paix » entouré de chefs d’État alliés. La présence massive de la délégation américaine, estimée à plusieurs centaines de membres, renforce le sentiment d’une mainmise totale de Washington sur un événement autrefois multilatéral.
Cette domination américaine se reflète également dans le contenu des débats. Les thématiques traditionnelles de l’écologie, de l’inclusion et de la diversité ont presque disparu, remplacées par des discussions jugées creuses, tandis que les panels consacrés à l’Europe sont relégués au second plan. Pour de nombreux participants, cette évolution est liée à la nouvelle direction du Forum, désormais pilotée par Larry Fink, patron du géant financier BlackRock.
Le malaise européen a atteint son paroxysme lors d’un dîner fermé réunissant les personnalités les plus influentes de Davos, lorsque le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, a tenu un discours perçu comme agressif et condescendant. Excédés, plusieurs participants européens l’ont ouvertement hué, marquant ce qui apparaît comme la première fronde européenne face à l’hégémonie américaine sur la scène de Davos.

