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Dégradation du Parc Sténio Vincent : Johnny Ferdinand interpelle le ministre des Sports

Port-au-Prince, 12 mars 2026 — Le journaliste et acteur sportif Johnny Ferdinand a adressé une lettre ouverte au ministre de la Jeunesse, des Sports et de l’Action civique, Pythagore Dumas, afin de dénoncer l’état de dégradation avancée du Parc Sténio Vincent aux Gonaïves.

Dans cette correspondance, dont une copie a été reçue par la rédaction le 12 mars 2026, le journaliste tire la sonnette d’alarme sur l’abandon prolongé de cette importante infrastructure sportive, qui se trouve dans un état critique depuis plus de quinze ans, malgré plusieurs annonces de réhabilitation.

Se présentant comme fils de la « cité de l’indépendance », Johnny Ferdinand, ancien dirigeant du Racing Football Club des Gonaïves, affirme porter la voix de toute une communauté sportive préoccupée par la situation. Le Parc Sténio Vincent constitue en effet le stade historique du Racing FC des Gonaïves et de l’Éclair AC des Gonaïves, deux clubs emblématiques de la ville évoluant respectivement en première et en deuxième division du championnat national.

Une infrastructure abandonnée depuis les ouragans de 2008

Réhabilité en 2005, le parc a été gravement endommagé lors du passage des Ouragan Hanna et Ouragan Ike en 2008. Depuis lors, l’infrastructure n’a jamais été réellement remise en état, malgré plusieurs annonces officielles.

En 2012, sous la présidence de Michel Joseph Martelly, un montant estimé à environ douze millions de gourdes devait être mobilisé pour la réhabilitation du terrain, incluant la réparation des tribunes, la remise en état de la pelouse et la clôture de l’espace.

Plus tard, en novembre 2018, une nouvelle tentative de relance du projet avait été annoncée avec la pose symbolique de la première pierre par les autorités sportives de l’époque. Les travaux prévus devaient notamment inclure la rénovation de la surface de jeu, la construction de vestiaires et l’aménagement d’une tribune officielle. Cependant, selon les acteurs sportifs locaux, ces travaux n’ont jamais été réalisés.

Des questions sur la gestion des fonds

Dans sa lettre, Johnny Ferdinand s’interroge sur la gestion des ressources annoncées pour ces projets. Il demande notamment combien de fonds ont réellement été mobilisés et décaissés pour la réhabilitation du parc depuis 2008, quelles entreprises étaient chargées des travaux et pourquoi aucune amélioration concrète n’a été constatée.

La situation est d’autant plus préoccupante que l’autre installation sportive de la ville, le Parc Miguel Saint-Jean, situé à Morne-Blanc, se trouve également dans un état de dégradation avancée. Présenté comme l’un des stades construits sous l’administration Martelly-Lamothe, ce site n’aurait jamais été totalement achevé et se détériore progressivement.

Des conditions précaires pour les compétitions

Aujourd’hui, malgré la reprise des compétitions nationales organisée par la Ligue Haïtienne de Football, le Racing FC des Gonaïves est contraint d’accueillir ses matchs au Parc Sténio Vincent dans des conditions jugées extrêmement précaires.

Les rencontres se disputent sur un terrain en terre battue, poussiéreux, sans vestiaires, sans bancs de touche et même sans installations sanitaires. Selon plusieurs témoignages, il arrive également que des animaux se retrouvent sur l’aire de jeu.

Face à cette situation, Johnny Ferdinand appelle le ministre Pythagore Dumas à faire de la réhabilitation du parc l’une des priorités du gouvernement. Il plaide également pour que ce dossier soit inscrit dans le prochain budget rectificatif de l’État afin de mettre fin au cycle des promesses non tenues.

Un problème plus large pour les infrastructures sportives

Selon le journaliste, la ville des Gonaïves mérite une infrastructure sportive à la hauteur de son histoire et de sa contribution au football haïtien. La cité a vu évoluer plusieurs clubs historiques tels que Towo BègleAigle RougeÉclairet Racing, et accueille chaque année le Mundialito, considéré comme l’un des tournois de vacances les plus anciens et les plus populaires du pays.

Une copie de cette lettre a également été adressée au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, au ministre de l’Économie et des Finances Serge Gabriel Colin ainsi qu’à la présidente du comité de normalisation de la Fédération Haïtienne de FootballMonique André.

Enfin, Johnny Ferdinand souligne que la situation du Parc Sténio Vincent n’est pas un cas isolé. Plusieurs infrastructures sportives du pays sont aujourd’hui dans un état de dégradation avancée. Certaines installations sont même devenues inaccessibles en raison de l’insécurité, à l’image du Ranch de la Croix-des-Bouquets, récemment incendié par des groupes armés opérant dans la zone.

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