La situation de l’eau de consommation dans la région métropolitaine de Port-au-Prince est jugée alarmante par les autorités. Lors d’une intervention sur les ondes de Scoop FM, le ministre du Commerce et de l’Industrie, James Monazard, a révélé que 100 % de l’eau conditionnée en bidons de cinq gallons, communément appelée « sengalon », est contaminée.
Ces déclarations font suite à une étude officielle menée par le Ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI) sur la qualité de l’eau traitée commercialisée dans la capitale et ses environs. Présentés le vendredi 31 janvier 2026, les résultats indiquent que plus de 92 % des échantillons analysés sont impropres à la consommation humaine.
Les niveaux de contamination varient selon les formats d’eau analysés. L’étude fait état de 6,7 % de contamination pour l’eau en bouteilles, 92,6 % pour l’eau en sachets, et 96,9 % pour l’eau provenant des kiosques de traitement et des revendeurs. Toutefois, c’est le cas du sengalon, largement utilisé par les ménages pour un usage quotidien, qui suscite la plus grande inquiétude en raison de son taux de contamination total.
L’analyse a porté sur l’eau en sachet, en bonbonne ainsi que celle issue des stations de traitement. Les résultats révèlent une contamination microbienne élevée, dépassant largement les normes sanitaires en vigueur. Selon le MCI, cette situation serait liée à l’insuffisance des contrôles, au non-respect des normes sanitaires et à des pratiques de traitement défaillantes chez plusieurs opérateurs du secteur.
La Direction du contrôle de la qualité et de la protection du consommateur (DCQPC) souligne par ailleurs que plus de 92 % des sachets d’eau analysés ne respectent pas les règles d’enregistrement et d’étiquetage, des manquements considérés comme des infractions graves à la réglementation encadrant la vente de l’eau traitée.
La consommation d’eau contaminée expose la population à des maladies diarrhéiques, des infections bactériennes et à d’autres risques sanitaires majeurs, dans un contexte où l’accès à des services de base fiables demeure limité pour une large partie de la population.
Face à ces constats, le MCI appelle à un renforcement urgent des contrôles, à la mise en conformité des opérateurs et à une prise de conscience des consommateurs. À ce stade, aucune liste d’entreprises concernées n’a été rendue publique. La contamination généralisée du sengalon, pilier de l’approvisionnement domestique en eau, constitue désormais un enjeu majeur de santé publique dans la région métropolitaine de Port-au-Prince.

