Port-au-Prince, 22 mars 2026.
Originaire de Saint-Raphaël, dans le Nord d’Haïti, près du Cap-Haïtien, André Muscadin est connu comme le fondateur de l’organisation religieuse Shalom Tabernacle de Gloire Haïti ainsi que de la station Radio Shalom Haïti. Au fil des années, il a construit une influence notable auprès de nombreux fidèles, constituant ainsi une base sociale importante susceptible de peser dans l’arène politique.
Cette annonce intervient dans un contexte particulièrement tendu, notamment à Port-au-Prince, où l’insécurité liée aux groupes armés continue de préoccuper la population.
Le pasteur Muscadin s’était déjà impliqué dans des initiatives publiques pour la paix, notamment lors d’une marche pacifique organisée en janvier 2026 par le collectif « Tèt Ansanm pour Lapè ». Il a officiellement annoncé sa candidature à l’élection présidentielle ce dimanche 22 mars 2026, en présence de milliers de fidèles.
Sa candidature est soutenue par plusieurs figures du secteur évangélique en Haïti, dont les pasteurs Gérard Forges et Jacques Maurice.
Cependant, cette déclaration dans un cadre religieux soulève des interrogations. Dans de nombreuses démocraties, le principe de séparation entre l’Église et l’État vise à garantir que les décisions politiques ne soient pas directement influencées par la religion, afin d’assurer l’égalité de tous les citoyens, quelles que soient leurs croyances.
Le fait de lancer une candidature présidentielle depuis une église peut ainsi alimenter le débat. Certains observateurs estiment que des fidèles pourraient se sentir moralement engagés à soutenir leur leader religieux, non seulement pour son programme politique, mais aussi par loyauté spirituelle.
Les spécialistes en sciences sociales évoquent également la notion de charisme développée par Max Weber. Selon cette approche, un leader charismatique peut exercer une influence importante sur ses partisans, ces derniers lui accordant une confiance forte et personnelle.
Dans un pays comme Haïti, où les institutions religieuses occupent une place centrale dans la vie sociale et culturelle, cette question prend une dimension particulière.
Ainsi, la candidature d’André Muscadin relance un débat de fond : comment concilier engagement religieux et ambition politique, tout en respectant les principes démocratiques et la liberté de choix des citoyens ?

