ÉRÉMIE, 14 février 2026 — Le Centre d’Opérations d’Urgence Départemental (COUD) de la Grand’Anse a été officiellement inauguré vendredi à Jérémie, dans le quartier de Château, lors d’une cérémonie réunissant autorités nationales, responsables locaux et partenaires techniques et financiers.
Le ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, Paul Antoine Bien-Aimé, a effectué le déplacement depuis Port-au-Prince pour l’événement, aux côtés du directeur général de la Direction générale de la Protection civile (DGPC), Emmanuel Pierre. Le délégué départemental de la Grand’Anse, Paulemont Michel, ainsi que des représentants communautaires et des partenaires institutionnels étaient également présents.
Une reconstruction à portée institutionnelle
Dans son intervention, le ministre a souligné que l’inauguration allait au-delà d’une simple remise d’infrastructure. Il a rappelé que le centre avait été vandalisé lors des dernières crises, entraînant la dégradation d’équipements et compromettant temporairement la capacité opérationnelle du département.
Selon lui, la réhabilitation constitue un acte de reconstruction institutionnelle traduisant « la volonté ferme de l’État de restaurer ses capacités et de consolider ses structures ». Il a insisté sur la nécessité de protéger les infrastructures publiques, rappelant qu’un centre d’opérations d’urgence est un bien stratégique au service de toute la communauté.
Exposée aux séismes, ouragans, inondations et glissements de terrain, la Grand’Anse a besoin d’un centre pleinement opérationnel. « Chaque minute gagnée dans la transmission d’une alerte peut sauver des vies », a martelé le ministre, appelant à la vigilance collective.

Vers un centre d’intelligence territoriale
De son côté, le directeur général de la DGPC a indiqué que le COUD devait devenir « un centre d’intelligence territoriale », dédié à l’analyse des données, à la coordination permanente et à l’anticipation opérationnelle. Il a précisé que la structure doit rester active toute l’année à travers la planification, les exercices et la formation continue.
Évoquant la vision du « Smart COUD », Emmanuel Pierre a annoncé que celui de la Grand’Anse est le premier du genre au sein de la DGPC, affirmant que « la résilience est une construction sociale avant d’être un dispositif technique ».
Des travaux financés par la Banque mondiale
La réhabilitation a été réalisée dans le cadre du Projet de Gestion des Risques et d’Aléas Climatiques (PGRAC), géré par l’UCP du ministère de l’Intérieur et financé par la Banque mondiale.
Les travaux ont inclus la démolition des éléments endommagés, la reconstruction de fondations en béton armé, la modernisation des systèmes électriques et sanitaires, l’installation de nouvelles cloisons, portes et fenêtres sécurisées, ainsi que l’aménagement d’une voirie interne et d’espaces paysagers.
Le site a été sécurisé par une clôture complète en béton, incluant l’Université publique de la Grand’Anse située à proximité, ainsi qu’une séparation en grillage entre les deux bâtiments. Le centre dispose désormais d’un système électrique modernisé, d’éclairages extérieurs, de climatiseurs, d’extincteurs et d’un réseau hydraulique remis à niveau. Un kiosque de recharge de téléphones a également été installé au bénéfice de la communauté.
Au-delà des améliorations techniques, les autorités ont présenté cette inauguration comme un signal fort en faveur du renforcement durable de la résilience de la Grand’Anse face aux risques naturels.

