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Haïti en détresse : le cri d’alarme du RNDDH à la Francophonie

Le directeur du RNDDH, Pierre Espérance, a alerté la secrétaire générale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo, sur l’effondrement total de l’État haïtien. Entre massacres de gangs, plus de 1,3 million de déplacés et une impasse politique durable, le constat est glaçant.

En rencontrant Mme Mushikiwabo à Paris, Espérance a dressé un tableau sans concession : Haïti traverse « la pire crise de son histoire moderne ». Les gangs, notamment Gran Grif et Viv Ansanm, continuent de semer la terreur à travers le pays, laissant une population civile abandonnée à son sort. Le massacre de Laboderie, où plus de cinquante civils ont été exécutés les 11 et 12 septembre, symbolise cette escalade insoutenable.

Une population en fuite

Plus de 1,3 million d’Haïtiens vivent aujourd’hui dans des camps de fortune, dans des conditions sanitaires déplorables. Comme après le séisme de 2010, mais cette fois-ci, c’est la violence des hommes qui pousse les familles à fuir. « Ces familles sont exposées à toutes sortes de maladies et à une détresse quotidienne », a rappelé le défenseur des droits humains.

Un État fantôme

La transition politique promise en avril 2024 n’a jamais abouti, et les élections prévues pour février 2026 semblent de plus en plus illusoires. La corruption et l’impunité paralysent toute tentative de gouvernance. Depuis 2018, aucun responsable de massacre, de viol collectif ou de détournement de fonds n’a été jugé.

Le dernier recours : la Francophonie ?

Face à ce chaos, Pierre Espérance en appelle aux liens historiques et culturels qui unissent Haïti au monde francophone. Mais les Haïtiens, échaudés par des promesses internationales non tenues, craignent que ce cri d’alarme se perde dans le bruit diplomatique.

« Haïti est à l’agonie », a-t-il résumé. Reste à savoir si la Francophonie saura transformer cette interpellation en action concrète, ou si elle se limitera à des paroles de compassion.

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