PORT-AU-PRINCE, jeudi 11 février 2026 — Le Collège Présidentiel de la République a adressé, le 10 février 2026, une correspondance officielle au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé ainsi qu’aux membres du Conseil des ministres pour leur transmettre la résolution adoptée le 3 février 2026, définissant l’architecture bicéphale de l’Exécutif, ainsi que le procès-verbal de désignation du Collège présidentiel établi le 6 février 2026.
Dans cette lettre, la Coordination de la Gouvernance transitoire du Collège présidentiel rappelle le cadre institutionnel issu des Assises du Dialogue national inter-haïtien. Elle précise que la résolution du 3 février 2026, « définissant l’architecture bicéphale de l’Exécutif », demeure conforme aux deux versions de la Constitution haïtienne, d’où elle tirerait sa « double légitimité populaire et légale ».
Une transition fondée sur un Exécutif à deux têtes
Le document pose les bases d’une transition présentée comme « ordonnée, inclusive et crédible ». Il prévoit une structure exécutive à caractère bicéphale, composée d’un Collège présidentiel et d’un Premier ministre.
Selon le schéma proposé, le Collège présidentiel serait formé :
- d’un membre du Conseil Présidentiel de Transition (CPT),
- d’un membre de la Cour de cassation,
- et d’un représentant de la société civile.
La résolution définit également la durée du régime transitoire ainsi que les critères de sélection des principales autorités de l’État, mettant l’accent sur la compétence, l’intégrité et la légitimité des responsables désignés.
Elle insiste par ailleurs sur l’urgence sécuritaire et humanitaire, appelant à des mesures immédiates pour rétablir l’ordre sur l’ensemble du territoire, tout en favorisant un climat politique apaisé et un dialogue inclusif entre forces politiques et acteurs de la société civile.
Vers une rencontre institutionnelle
Dans sa correspondance, le Collège présidentiel évoque « la conjoncture sur le fondement républicain de l’État » et estime nécessaire la tenue d’une rencontre extraordinaire avec le chef du gouvernement afin d’établir un calendrier. Celui-ci devrait notamment préciser les modalités de renforcement du support juridique de la résolution ainsi que les préalables à l’investiture du Collège présidentiel, dans l’optique d’enclencher un processus électoral « non contesté ».
Rappel à l’ordre du pouvoir judiciaire
Parallèlement, le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) a adopté, le 10 février 2026, la « Résolution 01 du 10 février 2026 », rappelant aux magistrats leur obligation stricte de neutralité politique. S’appuyant sur l’article 184-2 de la Constitution, la loi créant le CSPJ et le Statut de la magistrature, l’institution avertit que tout manquement pourrait entraîner des sanctions disciplinaires.
Ces développements interviennent dans un contexte institutionnel marqué par la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition et par les débats autour de la configuration du pouvoir exécutif durant la période de transition.

