Pétion-Ville, 26 décembre 2025 —
Le Mouvement des Organisations Nationales pour le Redressement (MORN) a officiellement annoncé son rejet du renouvellement de l’Accord du 3 avril 2024, accord ayant conduit à la mise en place du Conseil présidentiel de transition (CPT). L’annonce a été faite par le coordonnateur du mouvement, Jonas Legerme, lors d’une déclaration publique.
Selon M. Legerme, plusieurs mois après la signature de l’accord, aucune des résolutions prévues n’a été appliquée. Il dénonce une détérioration continue de la situation sécuritaire et institutionnelle du pays. « La progression des groupes armés, l’augmentation quotidienne du nombre de morts, l’enrôlement forcé des jeunes et l’aggravation de la corruption au sein de l’administration publique témoignent de l’échec total de cet accord », a-t-il affirmé.
L’Accord 40 comme alternative politique
Le coordonnateur du MORN a rappelé l’existence de l’Accord 40, présenté comme une alternative crédible à l’Accord du 3 avril. Cet accord, signé par plus de 179 partis politiques et organisations nationales, ambitionne de proposer une nouvelle voie pour le redressement politique et institutionnel d’Haïti.
Selon Jonas Legerme, l’Accord 40 vise à rompre avec les pratiques politiques ayant conduit à la crise actuelle et à instaurer une gouvernance fondée sur la transparence, la légitimité et la participation citoyenne.
Vives critiques contre les partis traditionnels
Le MORN s’en est également pris aux partis politiques traditionnels, accusés de manœuvrer pour préserver leurs intérêts personnels au détriment de la population. Jonas Legerme estime que ces acteurs sont directement responsables de l’Accord du 3 avril et de l’installation des autorités actuelles.
Il affirme par ailleurs que le mouvement entend informer tant la communauté nationale qu’internationale de sa volonté de prendre en main le destin du pays, en rupture avec les schémas politiques jugés inefficaces.
Un rejet catégorique du CPT
Le message du MORN à l’endroit des autorités en place se veut sans ambiguïté. « Nous rejetons le maintien au pouvoir du Conseil présidentiel de transition, en tout ou en partie. Nous refusons toute continuité avec un gouvernement que nous qualifions de corrompu, incompétent et inefficace », a martelé Jonas Legerme.
Le mouvement se positionne comme une force de proposition, appelant à la relance des institutions républicaines, à la restructuration de l’État et à la redynamisation de l’économie nationale. Il plaide notamment pour des réformes agricoles, l’organisation d’élections crédibles sur l’ensemble du territoire national et le respect strict de la Constitution de 1987, afin de doter Haïti d’un gouvernement légitime et démocratiquement élu.

