Alors que la transition traverse une zone de turbulences, l’ONU met en garde le CPT et confirme le déploiement imminent d’une force internationale contre les gangs. Les élections restent, selon elle, la clé de sortie de crise.
Lors d’une déclaration faite à Port-au-Prince, le représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en Haïti, Carlos Ruiz Massieu, a adressé un avertissement clair au Conseil présidentiel de transition (CPT), en proie à une crise interne. Il a rappelé que le respect du calendrier électoral demeure une priorité, précisant que le premier tour est prévu pour la fin du mois d’août, tandis que le second devrait se tenir au début du mois de décembre 2026.
Le diplomate onusien a également exprimé l’espoir que le déploiement prochain de la Force de Répression des Gangs (FRG) permette une amélioration notable de la situation sécuritaire. Selon l’ONU, cette mission internationale doit renforcer les capacités des forces nationales face à l’emprise persistante des groupes armés.
La situation demeure toutefois alarmante. D’après un reportage diffusé le 23 janvier par France 24, près de 80 % de la population de Port-au-Prince vivrait actuellement sous le contrôle des gangs, exposée à des violences quotidiennes, notamment des meurtres, des viols et des pillages. « Environ 80 % de la population de la capitale est sous la domination des gangs », a confirmé M. Ruiz Massieu.
Le déploiement de la FRG fait suite à l’adoption, en septembre 2025, de la résolution 2793 des Nations unies, qui a remplacé la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS), dirigée par le Kenya. Selon l’ONU, environ 5 000 soldats internationaux devraient être déployés en Haïti dès cet été, avec une entrée en opération prévue à partir du mois d’avril.

