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Haïti : plus de 1 200 assassinats et 700 blessés entre juillet et septembre 2025, selon le BINUH

Port-au-Prince, le 12 novembre 2025. — La spirale de violence en Haïti continue de s’intensifier. Selon le rapport trimestriel du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), publié ce mardi, 1 247 personnes ont été tuées et 710 blessées entre le 1ᵉʳ juillet et le 30 septembre 2025. À ces chiffres s’ajoutent 145 enlèvements et 341 cas de violences sexuelles recensés à travers le pays.

Le Service des droits de l’homme (SDH) du BINUH précise que ces violences sont le fait des gangs armés, de groupes d’autodéfense, de membres non organisés de la population, mais aussi d’opérations policières et militaires. Parmi les victimes figurent 1 081 hommes, 132 femmes, 23 garçons et 11 filles — soit 83 % d’hommes, 14 % de femmes et 3 % d’enfants.

Près de 61 % des décès ont été enregistrés lors des opérations menées contre les gangs, impliquant des unités de la Police nationale, des frappes de drones opérées par une compagnie militaire privée, ainsi que des agents sous l’autorité du commissaire du gouvernement de Miragoâne, Jean Ernest Muscadin. Environ 30 % des victimes ont péri lors d’attaques directes de gangs, et 9 % dans des violences liées aux groupes d’autodéfense “bwa kale”.

La capitale demeure l’épicentre de la crise : 76 % des cas sont concentrés dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, suivie de l’Artibonite (17 %) et du Centre (5 %).

Explosion des violences sexuelles et des enlèvements

Le rapport du BINUH fait également état d’une hausse alarmante des violences sexuelles. Entre juillet et septembre, 341 incidents ont été signalés, impliquant 400 survivants, dont 340 femmes, 59 filles et un homme. Quatre victimes ont perdu la vie à la suite de ces agressions.

Parmi les cas documentés, le rapport cite celui d’une jeune fille de 17 ans, violée collectivement à Simon Pelé (Cité Soleil) par quatre membres de gangs armés, et celui d’une femme de 22 ans enlevée à Mariani, séquestrée pendant deux jours à Pandjanmen (Gressier), battue et violée avant d’être exécutée. Son corps a été retrouvé le 3 juillet, criblé de balles.

En parallèle, 145 enlèvements contre rançon ont été recensés sur la même période, dont 46 % dans l’Artibonite, 45 % dans l’Ouest, et 8 % dans le Centre.

Recommandations du BINUH

Face à cette situation dramatique, le BINUH appelle les autorités haïtiennes à renforcer la lutte contre l’impunité et à assurer la protection des civils. L’organisme recommande notamment :

  • la mise en œuvre effective des pôles judiciaires spécialisés pour traiter les crimes de masse et financiers ;
  • l’accélération du processus de vetting au sein de la Police nationale et la poursuite des policiers impliqués dans des violations graves des droits humains ;
  • la création d’un programme de réinsertion et de prévention pour les mineurs enrôlés dans les gangs ;
  • le rétablissement d’un organe national de désarmement, démobilisation et réintégration ;
  • et une meilleure coordination des forces de sécurité engagées contre les gangs.

Le BINUH exhorte également la communauté internationale à maintenir Haïti à l’agenda mondial et à garantir les moyens nécessaires au déploiement complet de la Force de répression des gangs (FRG), autorisée par la Résolution 2793 du Conseil de sécurité de l’ONU, dans le respect des droits humains.

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