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Insécurité : des dizaines d’écoles paralysées, l’éducation publique en chute libre à Port-au-Prince

Port-au-Prince, 24 janvier 2026. Selon l’Union des parents d’élèves progressistes haïtiens (UPEPH), la majorité des écoles privées contraintes de suspendre leurs activités à Port-au-Prince et à Delmas n’ont pas encore retrouvé un fonctionnement normal. Certaines ont toutefois été relocalisées, notamment à Haut-Delmas et à Pétion-Ville. C’est le cas de l’institution Sainte-Rose de Lima, connue sous le nom de « Mè Lalue », qui a dû quitter son site initial à cause d’affrontements armés impliquant gangs, brigades d’autodéfense et forces de l’ordre à proximité de ses locaux.

L’enquête menée par l’UPEPH met également en évidence la situation critique des lycées et écoles nationales, dont les capacités d’accueil ont fortement diminué après des déplacements forcés. Le lycée Jean-Jacques Dessalines, autrefois installé à l’avenue Christophe avec 12 salles de classe et plus de 1 500 élèves, ne dispose plus que de quatre salles au lycée de Pétion-Ville pour 234 élèves. Le lycée de La Saline, passé de 1 070 élèves, n’en compte désormais que 289 après sa relocalisation à Delmas 31.

Le cas du lycée Fritz-Pierre-Louis est tout aussi préoccupant. Situé auparavant rue Saint-Honoré, près de l’Hôpital général, il accueillait environ 4 000 élèves dans 23 salles de classe pour la vacation du matin. Relocalisé aujourd’hui dans les locaux de l’Université de la Renaissance d’Haïti, près de Radio Télé Kiskeya, l’établissement ne fonctionne plus qu’avec six salles pour environ 600 élèves.

La dégradation touche aussi de nombreuses écoles nationales, notamment Fortuna Guéry, Victorine Latortue, Guillaume Manigat, Thomas Madiou, Horace Ethéard, République dominicaine, Caroline Cheveau, Libéria, République du Chili et République du Brésil, ainsi que plusieurs établissements de Gressier, Source Matla, Montrouis, Kenscoff, Bongard et Furcy. À titre d’exemple, l’école nationale Fortuna Guéry, au portail de Léogâne, est passée de 245 élèves à seulement 35.

L’UPEPH rapporte par ailleurs qu’une vingtaine d’écoles publiques ont totalement cessé leurs activités, privant d’éducation de nombreux enfants issus de familles défavorisées, incapables de se tourner vers le privé. Parmi les établissements fermés figurent notamment les écoles nationales du Venezuela, Smith Duplessis, Fabre Géffrard, Esther Beaubrun Honorat et Emerante Papailler, ainsi que plusieurs écoles de Gressier et de Delmas. L’organisation déplore le peu d’attention accordée par les autorités à cette crise et alerte sur un phénomène inquiétant : des élèves déscolarisés rejoindraient désormais des groupes armés, illustrant le lien direct entre insécurité, abandon scolaire et recrutement par les gangs.

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