Port-au-Prince, 12 février 2026. — La spirale de violence se poursuit à Kenscoff. Ce jeudi, un homme âgé a été assassiné lors d’une offensive attribuée à des groupes armés retranchés depuis plusieurs mois dans les hauteurs de localités difficiles d’accès.
Selon des sources locales, plusieurs habitations ont également été incendiées dans les zones de Sourcailles et de Nouvelle-Touraine, aggravant la détresse des riverains. La victime serait l’oncle d’Antonio Alté, membre du CASEC de la commune, qui a confirmé la tragique nouvelle.
Une présence policière jugée insuffisante
Ces derniers jours, le directeur général a.i. de la Police nationale d’Haïti (PNH), Vladimir Paraison, a effectué plusieurs visites d’inspection au Champ de Mars. Le directeur départemental de l’Ouest, Jacques Ader, s’est également rendu sur les lieux.
Toutefois, pour de nombreux observateurs, ces déplacements de hauts responsables s’apparentent davantage à un exercice de communication qu’à une réponse structurelle face à l’insécurité persistante.
Dans les faits, les activités commerciales peinent à reprendre dans la zone du Champ de Mars. Les marchands de boissons alcoolisées et gazeuses ont déserté les lieux et conditionnent leur retour à des garanties concrètes de sécurité. Cette paralysie illustre le climat d’incertitude qui continue de peser sur le centre-ville.
Entre annonces officielles et réalité sécuritaire
Dans la conduite des opérations antigangs, plusieurs voix estiment que les communiqués de la PNH devancent la réalité observée sur le terrain. Si des efforts notables ont été engagés par les unités spécialisées depuis la fin de l’année 2025 pour contenir les groupes armés, les principaux foyers n’ont pas encore été démantelés.
Pendant que les gangs poursuivent des offensives sporadiques, les forces de l’ordre multiplient les réunions stratégiques. Entre annonces officielles et situation sécuritaire fragile, l’écart demeure préoccupant pour une population toujours sur le qui-vive.

