img-20251206-wa00506834891713235386269

Laurent Lamothe rompt définitivement avec Michel Martelly et admet une erreur politique majeure

Port-au-Prince, le 6 septembre 2025. — Laurent Lamothe a réagi à une remarque d’une passante haïtienne qui lui rappelait l’époque où il formait « une belle équipe » avec Michel Martelly. Une perception qu’il a immédiatement tenu à corriger : « Cette époque est révolue depuis longtemps », écrit-il, précisant que la séparation avait commencé dès 2014, à la fin de son passage à la Primature et au ministère des Affaires étrangères et des Cultes.

L’ancien Premier ministre affirme que le point de rupture définitif a été atteint le 9 juillet 2021, au lendemain de l’assassinat du président Jovenel Moïse. « À partir de là, il n’y avait plus d’équipe, plus de lien. La page était définitivement tournée », insiste-t-il. Lamothe évoque également des années de loyauté qu’il estime avoir offertes “peut-être trop”, dénonçant aujourd’hui un manque de réciprocité et ce qu’il qualifie d’« ingratitude » et de « manipulation » dans le fonctionnement politique de son ancien allié.

Dans sa prise de parole, Laurent Lamothe va encore plus loin en présentant des excuses publiques pour avoir soutenu Michel Martelly durant son mandat présidentiel. Avec le recul, il considère désormais ce soutien comme la plus grande erreur de sa carrière politique. Cette affirmation tranche nettement avec le ton habituellement mesuré de l’ex-chef du gouvernement, et survient alors que plusieurs acteurs de l’ère Martelly sont de plus en plus interpellés sur leur rôle dans la crise multidimensionnelle qui ravage actuellement le pays, notamment la montée des gangs, l’instabilité institutionnelle et les violences armées.

Cette prise de distance intervient également dans un contexte délicat pour Lamothe lui-même. Depuis novembre 2022, il figure aux côtés de Michel Martelly sur la liste des personnalités haïtiennes sanctionnées par le Canada pour avoir, selon Ottawa, facilité et protégé les activités de groupes armés, notamment à travers du blanchiment d’argent et divers faits de corruption. Ces sanctions impliquent l’interdiction de toute transaction financière ainsi que le gel de leurs avoirs sur le territoire canadien.

Le Département d’État américain avait déjà pris des mesures similaires en juin 2023, accusant Laurent Salvador Lamothe d’avoir détourné au moins 60 millions de dollars du fonds PetroCaribe durant son mandat. Selon Washington, ces ressources destinées à des projets sociaux et d’infrastructure auraient été détournées à des fins privées, en violation des règles de gestion et de transparence imposées aux administrateurs du programme.

Tags: No tags

Les commentaires sont fermés.