Au Qatar, la sélection haïtienne U17 a vécu une soirée cauchemardesque ce jeudi, s’inclinant lourdement 8 à 1 face à l’Angleterre lors de son deuxième match de Coupe du monde. Au-delà du score, cette défaite met crûment en lumière les lacunes profondes d’une équipe qui, malgré le talent individuel de certains joueurs, peine à exister collectivement.
Dès le coup d’envoi, les jeunes Grenadiers ont été submergés. À la 1re minute, L. Williams-Barnett ouvre la marque pour les Anglais, profitant d’une défense mal alignée. Le ton du match est donné : Haïti court après le ballon, l’Angleterre déroule. Quatorze minutes plus tard, R. Heskey transforme un penalty, validé par la VAR, pour creuser l’écart.
Un court instant d’espoir surgit à la 17e minute, lorsque Franco Celestin, bien servi par Medinel Zamor, réduit la marque d’une superbe tête. Une lueur vite éteinte : les Anglais reprennent le large à la 21e minute avant de totalement dominer la deuxième période.
Physiquement supérieurs, tactiquement impeccables, les jeunes Anglais n’ont laissé aucune chance à leurs adversaires. A. G. Rodríguez inscrit le quatrième but à la 55e minute, suivi d’un triplé de Ezenwata (58’, 69’, 80’) et d’un doublé de Williams-Barnett (1’, 64’) pour clore la démonstration. Score final : 8-1.
Cette lourde défaite vient s’ajouter à celle subie face à l’Égypte lors du premier match (3-0 en 30 minutes). Dans les deux cas, même scénario : une défense dépassée, un milieu asphyxié, une équipe incapable de se repositionner après chaque offensive.
Haïti n’a pas seulement perdu un match. Elle a reçu un avertissement. Le football, une fois encore, révèle les fissures d’un système : sans encadrement solide, sans infrastructures, sans plan de développement clair, le talent brut des jeunes Grenadiers ne suffit pas. Cette défaite, aussi douloureuse soit-elle, doit être perçue comme un appel à repenser en profondeur la formation et la structuration du football haïtien.

