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Nicolas Sarkozy libéré sous contrôle judiciaire après vingt jours de détention à la prison de la Santé

Paris, le 10 novembre 2025. — Jour de libération pour Nicolas Sarkozy. Après vingt jours passés à la prison de la Santé, l’ancien président français a obtenu ce lundi la mise en liberté ordonnée par la cour d’appel de Paris. Cette décision, assortie d’un contrôle judiciaire strict, intervient dans le cadre du procès sur le financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007.

La cour lui a imposé plusieurs restrictions : interdiction de contact avec certaines personnalités, dont le garde des Sceaux Gérald Darmanin, et interdiction de quitter le territoire national. L’ex-chef d’État devrait être libéré dans la journée.

Cette décision est intervenue à l’issue d’une audience organisée dans la matinée, au cours de laquelle les avocats de Nicolas Sarkozy ont plaidé pour sa libération. Le parquet général avait également requis une remise en liberté sous contrôle judiciaire.

Apparaissant en visioconférence depuis la prison, Nicolas Sarkozy est apparu visiblement marqué par la détention. « La prison, c’est dur, c’est très dur… je dirais même que c’est éreintant », a-t-il déclaré, saluant toutefois le travail du personnel pénitentiaire qui a rendu « ce cauchemar supportable ».

Son avocat, Me Christophe Ingrain, a estimé que « c’est la détention qui constitue une menace pour Nicolas Sarkozy, pas l’inverse ». L’ancien président, placé à l’isolement depuis son incarcération, bénéficiait de la protection de deux agents de sécurité.

Dans la salle d’audience, son épouse Carla Bruni et ses fils Pierre et Jean Sarkozy étaient présents pour le soutenir.

Nicolas Sarkozy avait été condamné le 25 septembre dernier à cinq ans de prison ferme pour association de malfaiteurs, une sanction assortie d’un mandat de dépôt immédiat — une première dans l’histoire de la République française pour un ancien président. Le tribunal correctionnel l’avait jugé coupable d’avoir laissé ses collaborateurs solliciter le régime de Mouammar Kadhafi pour un financement occulte de sa campagne. Il a depuis interjeté appel.

Le mandat de dépôt, qualifié de « stupéfiant » par plusieurs observateurs, avait été justifié par les juges en raison de la « gravité exceptionnelle » des faits. Nicolas Sarkozy y avait vu, pour sa part, une décision motivée par « la haine ».

Selon l’article 144 du code de procédure pénale, la détention provisoire ne peut être maintenue que si elle constitue l’unique moyen de prévenir la fuite, d’éviter les pressions ou la concertation, ou encore de garantir la protection du détenu.

Durant son incarcération, Nicolas Sarkozy a été placé à l’isolement, sous surveillance rapprochée, en raison de menaces identifiées par le ministère de l’Intérieur. Il avait même reçu la visite controversée du garde des Sceaux, Gérald Darmanin — une initiative qui avait suscité des critiques de la part de magistrats et du procureur général Rémy Heitz, évoquant un « risque d’atteinte à la sérénité de la justice ».

Parmi les autres condamnés du procès du 25 septembre, la cour d’appel a également libéré Wahib Nacer, ex-banquier de 81 ans, mais a maintenu en détention Alexandre Djouhri, condamné à six ans de prison ferme et trois millions d’euros d’amende.

Le nouveau procès d’appel de Nicolas Sarkozy devrait se tenir à partir du mois de mars 2026, selon des sources proches du dossier. Les dates précises doivent être confirmées cette semaine lors d’une réunion à la cour d’appel de Paris.

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