Port-au-Prince, le 23 janvier 2026.
Les conditions d’accès au port de Port-au-Prince demeurent extrêmement difficiles, a reconnu Jean Evens Charles. Selon lui, la continuité des opérations repose sur un personnel exposé à des risques majeurs, évoluant dans un environnement marqué par l’insécurité et un climat de traumatisme permanent. Une réalité qui explique pourquoi le port reste, malgré tout, l’une des rares institutions encore fonctionnelles dans cette zone sensible.
Cette situation a eu un impact direct sur le trafic maritime. Le Directeur souligne une forte diminution des mouvements de navires et de conteneurs. Toutefois, un léger regain est observé grâce au transfert d’une partie du trafic de Port-au-Prince vers le Cap-Haïtien. Ce dernier est aujourd’hui fortement sollicité, avec un volume d’activités atteignant presque les limites de ses capacités opérationnelles.
Dans le Sud du pays, le port de Saint-Louis demeure fonctionnel, mais à un stade encore embryonnaire. Il accueille essentiellement des navires conventionnels transportant des cargaisons générales, sans capacité pour les conteneurs. Malgré ces contraintes, cette infrastructure contribue à l’approvisionnement de la région. Jean Evens Charles affirme que l’élargissement du marché portuaire reste une ambition, bien que les capacités actuelles demeurent limitées.
Il rappelle que l’Autorité Portuaire Nationale (APN) agit comme entité normative, assurant un droit de regard sur la gestion, l’organisation et l’agencement des ports, tandis que les opérations portuaires sont confiées au secteur privé. Le port du Cap-Haïtien, deuxième port international du pays, relève entièrement de la responsabilité de l’APN. Quant au port de Port-au-Prince, il regroupe l’ensemble des installations situées dans la baie.
Sur le plan économique, le Directeur constate que le port de Port-au-Prince génère aujourd’hui beaucoup moins d’activités qu’auparavant, même s’il continue de concentrer une part importante de l’économie portuaire nationale. À l’inverse, le port du Cap-Haïtien affiche de meilleures performances, soutenues par une forte concentration de population et d’activités commerciales. Dans ce contexte, la conformité aux exigences du code international de sûreté demeure la priorité absolue.
Par ailleurs, plusieurs projets sont en cours dans les infrastructures portuaires du pays. À Port-au-Prince, le quai Sud fait l’objet d’un appel d’offres en vue de sa reconstruction. Au Cap-Haïtien, des ajustements sont envisagés pour mieux absorber le surplus de trafic. Des travaux sont également en cours au port de Petit-Goâve, après un effondrement signalé. Enfin, une intervention est prévue à l’Unité de Port de Cabotage (UPC) de Saint-Marc, touchée par des pillages suivis d’incendies, en attendant une évaluation complète visant à renforcer sa fonctionnalité.

