La justice haïtienne a officiellement convoqué deux anciens cadres de la Police nationale d’Haïti dans le cadre d’une instruction portant sur de graves accusations de vente illégale de cartouches de l’institution policière à des gangs armés. Les auditions sont prévues devant la Chambre d’instruction criminelle du Tribunal de première instance de Port-au-Prince.
La Chambre d’instruction criminelle du Tribunal de première instance de Port-au-Prince est saisie d’un dossier sensible impliquant Rameau Normil, ancien Directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH), et Philippe Jovin, ancien Directeur central adjoint (DCA) de l’institution.
Selon un document judiciaire signé par le juge d’instruction Walther W. Voltaire, les deux anciens hauts responsables ont été officiellement convoqués afin de comparaître devant la juridiction d’instruction dans le cadre d’une enquête ouverte portant sur de graves faits présumés.
La correspondance, adressée à l’Inspecteur général en chef de la PNH, Frédéric Leconte, demande expressément que toutes les dispositions nécessaires soient prises pour garantir la présence des intéressés devant la Chambre d’instruction criminelle.
Le document précise que Philippe Jovin est convoqué le lundi 2 février à 11 heures, tandis que Rameau Normil est attendu le mardi 3 février à 11 heures.
L’instruction porte notamment sur des faits d’association de malfaiteurs ainsi que sur la vente illégale de cartouches appartenant à la Police nationale d’Haïti, qui auraient été écoulées au profit de gangs armés, selon les éléments mentionnés dans l’acte judiciaire.
Le juge d’instruction indique que ces interrogatoires sont indispensables à l’avancement de l’enquête, actuellement en cours devant la Chambre d’instruction criminelle du Tribunal de première instance de Port-au-Prince.
À ce stade de la procédure, aucune décision judiciaire n’a été rendue, et les personnes concernées bénéficient pleinement de la présomption d’innocence, conformément aux principes fondamentaux du droit haïtien.
Cette affaire intervient dans un contexte particulièrement préoccupant, marqué par la circulation massive d’armes et de munitions en Haïti, alors que la question de la responsabilité institutionnelle et de la lutte contre l’impunité demeure au cœur des débats liés à la sécurité nationale.

