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Transition en péril : le CPT face au compte à rebours constitutionnel

Port-au-Prince, le 2 décembre 2025 – L’Accord du 3 avril 2024 fixe clairement la fin de la transition au 7 février 2026, une échéance confirmée par plusieurs décrets, dont celui du 12 avril 2024. Malgré cette limite incontestable, le débat politique s’enlise. Certaines voix, au sein même des acteurs impliqués dans la transition, évoquent ouvertement la possibilité de prolonger le mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), alimentant la méfiance et affaiblissant sa crédibilité. Les dissensions internes paralysent ses décisions, transformant un organe censé piloter la transition en un espace de blocages successifs.

Pourtant, la Constitution de 1987 offre un mécanisme clair en cas de vacance présidentielle : selon l’article 149, le pouvoir exécutif revient au Conseil des ministres, dirigé par le Premier ministre, jusqu’à l’organisation d’élections. Le décret du 27 mai 2024 rappelle lui aussi que nulle structure parallèle ne peut prolonger son mandat au-delà des limites prévues. Au lieu de s’appuyer sur ce cadre constitutionnel pour assurer une passation ordonnée, la transition s’est progressivement écartée de sa boussole juridique, laissant place à des calculs politiques qui ont supplanté l’exigence de clarté.

Dans le même temps, la sécurité nationale demeure hors de contrôle. Les groupes armés maintiennent la pression sur la capitale et sur des corridors stratégiques, entravant la mise en œuvre du décret électoral du 1er décembre 2025. Sans stabilisation réelle du territoire, aucune élection ne peut être crédible. En moins de deux mois, le CPT et le gouvernement devront choisir entre appliquer strictement l’échéancier prévu ou prolonger l’incertitude institutionnelle. Dans un pays frappé par une crise sécuritaire, humanitaire et politique sans précédent, le respect des textes est devenu la dernière garantie de stabilité.

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