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Transport maritime : explosion des coûts, silence total de l’État

Port-au-Prince, 9 décembre 2025 — Les transporteurs haïtiens tirent la sonnette d’alarme face à l’augmentation fulgurante des frais d’embarquement dans les ports du pays. Pour un camion à six roues, les coûts atteignent désormais près de 160 000 gourdes, soit plus de 1 200 dollars américains, tandis que les propriétaires de camions à 18 roues rapportent des paiements allant jusqu’à 2 000 dollars US. Des montants bien supérieurs aux tarifs officiels publiés par les compagnies maritimes, qui varient normalement entre 600 et 800 dollars US pour un camion à six roues, et 1 000 à 1 200 dollars US pour un semi-remorque.

À ces dépenses s’ajoutent des paiements informels, des « barrières » imposées aux points de contrôle et de longues heures d’attente sans explication. « Chak vwayaj se yon dèt, epi fòk ou negosye pou antre nan pò a », dénonce Richard J., propriétaire de camion.

Cette situation a des conséquences directes sur les prix des produits de base. Un sac de riz, vendu auparavant 3 000 gourdes, atteint désormais 3 800 gourdes, selon la commerçante Marjory S. de Miragoâne.

L’insécurité persistante sur les routes du Grand Sud — notamment à Martissant, Fontamara et Carrefour — contraint commerçants et transporteurs à dépendre presque exclusivement du transport maritime. Une dépendance devenue coûteuse et insoutenable.

Malgré les plaintes répétées des opérateurs économiques, l’État haïtien demeure totalement silencieux. Aucune position publique des autorités portuaires, douanières ou gouvernementales n’a été exprimée sur la flambée des tarifs ni sur la multiplication des pratiques illégales aux abords des ports.
« L’État observe pendant qu’un système parallèle s’installe », confie un ancien cadre de l’administration maritime, inquiet de cette absence de régulation.

Alors que les frais continuent de grimper, ce sont les consommateurs — déjà durement touchés par la crise — qui absorbent le choc, sans que l’État n’intervienne pour encadrer ou corriger les dérives du secteur.

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