WASHINGTON, 12 janvier — Une simple publication sur les réseaux sociaux a suffi pour provoquer une onde de choc diplomatique. Dimanche, Donald Trump s’est présenté comme « président par intérim du Venezuela » dans un message diffusé sur sa plateforme Truth Social, relançant les débats sur l’avenir politique du pays sud-américain après une intervention militaire américaine largement contestée.
Le message, rapidement devenu viral, était accompagné d’une image modifiée à la manière d’une fiche Wikipédia. On y voyait Donald Trump identifié non seulement comme 45ᵉ et 47ᵉ président des États-Unis, mais aussi comme « Acting President of Venezuela, incumbent January 2026 ». Une appellation sans aucun fondement juridique ni reconnaissance officielle, mais dont la portée symbolique a immédiatement suscité de vives réactions.
Cette sortie intervient dans un contexte explosif. Le 3 janvier dernier, une opération militaire menée par les forces américaines à Caracas a conduit à l’arrestation du président vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse, Cilia Flores. Tous deux ont été transférés à New York, où ils font face à des accusations de narcotrafic et de narcoterrorisme portées par la justice américaine. Washington présente cette opération comme une action relevant du droit pénal international et de la lutte contre le crime organisé.
À Caracas, cependant, la situation a pris une tout autre tournure. Face au vide du pouvoir créé par la capture du chef de l’État, les institutions vénézuéliennes ont enclenché le mécanisme de succession prévu par la Constitution. Le 5 janvier, la Cour suprême a officiellement investi Delcy Rodríguez, alors vice-présidente et ministre du Pétrole, comme présidente par intérim, afin d’assurer la continuité administrative et institutionnelle du pays.
Les autorités vénézuéliennes ont fermement dénoncé l’intervention américaine, qualifiée d’agression flagrante contre la souveraineté nationale et le droit international. Elles exigent la libération immédiate de Nicolás Maduro et de son épouse, rappelant que toute transition politique doit être décidée par les institutions vénézuéliennes, et non imposée de l’extérieur.
De son côté, Donald Trump affirme que les États-Unis joueront un rôle de supervision temporaire dans la transition du Venezuela vers un système qu’il qualifie de « plus stable et démocratique ». Une position qui alimente les inquiétudes au sein de la communauté internationale, notamment sur les véritables intentions de Washington dans un pays disposant des plus importantes réserves de pétrole au monde.
La déclaration du président américain, à la fois provocatrice et ambiguë, relance ainsi un débat majeur : s’agit-il d’un simple coup de communication politique ou du signal d’une volonté plus profonde de redéfinir l’équilibre du pouvoir au Venezuela ? Entre intervention militaire, crise institutionnelle et bataille de légitimité, l’avenir du pays reste plus incertain que jamais.

