0c805112-650c-4401-b1d2-6de881bcd66d

Un an après le drame de l’Hôpital Général, l’ex-ministre Alex Blema dénonce l’échec sécuritaire

Port-au-Prince, 24 décembre 2025.
Dans une déclaration rendue publique le 23 décembre 2025, l’ancien ministre de la Santé publique et de la Population (MSPP), le Dr Alex Blema, est revenu sur les événements tragiques du 24 décembre 2024, jour où une cérémonie symbolique visant à relancer les activités de l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH), communément appelé Hôpital Général, avait tourné au drame.

Ce jour-là, des hommes armés avaient ouvert le feu sur les lieux, faisant deux morts parmi les journalistes présents et un policier, tout en blessant plusieurs civils. Une attaque qui avait profondément choqué l’opinion publique et mis en lumière la dégradation extrême de la situation sécuritaire dans la capitale.

« Cela aurait dû être un jour de renaissance », écrit le Dr Blema, dénonçant l’échec des dispositifs de sécurité pourtant annoncés pour encadrer l’événement. Selon lui, les forces chargées de la protection de l’hôpital n’ont pas assuré leur mission, tandis qu’un chef de gang revendiquait publiquement le contrôle de la zone sur les réseaux sociaux.

Deux jours après les faits, le ministre avait présenté sa démission, invoquant le manque de volonté politique et de courage des autorités à faire respecter l’ordre public et à garantir la sécurité de la population. Un an plus tard, l’Hôpital Général demeure toujours fermé, une situation que l’ancien ministre qualifie de « blessure ouverte pour la nation ».

Bien qu’il n’occupe plus de fonction officielle, le Dr Blema affirme poursuivre son engagement autrement. « Je n’ai plus de pouvoir institutionnel ni de contrôle armé, mais j’ai ma conscience, ma vérité et mon peuple », déclare-t-il, soulignant sa détermination à continuer de dénoncer les dérives du système.

Dans son message, il appelle les Haïtiens à ne pas céder à la peur ni à l’oubli. Pour lui, la réouverture de l’Hôpital Général ne doit pas être perçue comme un privilège accordé par les autorités, mais comme un droit fondamental garanti à tous les citoyens.

Concluant sa déclaration, le Dr Blema se dit convaincu de la capacité du peuple haïtien à surmonter cette épreuve et à reconstruire le système de santé nationale. « Le 24 décembre ne m’a pas enlevé ma valeur. Il a réveillé mon courage », affirme-t-il, appelant à l’émergence de dirigeants capables de faire face à la violence sans renoncer à leurs responsabilités.

Tags: No tags

Les commentaires sont fermés.