Port-au-Prince, 6 mars 2026. — La Fondation Je Klere (FJKL) réclame des éclaircissements après la révélation de décaissements publics en faveur de l’Université Quisqueya. Selon l’organisation, un montant total de 150 millions de gourdes aurait été versé à cette institution universitaire au cours de l’année 2025, à travers trois paiements distincts.
Dans une prise de position rendue publique, la FJKL affirme que ces fonds auraient été autorisés sous l’administration du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. L’organisation estime que ces transferts soulèvent plusieurs interrogations concernant leur justification, leur base légale et les procédures administratives ayant conduit à leur décaissement.
Des questions sur la gestion des fonds publics
Pour la Fondation Je Klere, la gestion des ressources publiques doit se conformer aux principes de transparence, de responsabilité et de reddition de comptes. L’organisation considère que la population a le droit de connaître les raisons précises de ces versements ainsi que les objectifs poursuivis par l’État à travers ce financement accordé à une institution privée d’enseignement supérieur.
La situation intervient dans un contexte politique particulier. Le Congrès Patriotique, dirigé par Jacky Lumarque, est représenté au sein de l’exécutif par le ministre de l’Éducation nationale, Vijonet Déméro. Certains observateurs estiment que cette configuration pourrait alimenter des soupçons de favoritisme dans l’attribution de fonds publics, même si aucune preuve formelle n’a été avancée à ce stade.
Un débat dans un contexte de crise universitaire
La controverse survient également à un moment où l’Université d’État d’Haïti traverse une période particulièrement difficile. Plusieurs de ses entités font face à de graves perturbations liées à l’insécurité persistante dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Certaines facultés ont été contraintes de suspendre leurs activités ou de les déplacer vers d’autres sites faute d’espaces sécurisés.
Face à cette situation, la FJKL appelle les autorités compétentes à fournir des explications détaillées sur les procédures ayant conduit à ces paiements ainsi que sur l’utilisation des fonds alloués. L’organisation estime que toute la lumière doit être faite afin de garantir une gestion transparente et responsable des ressources publiques.

